Euthanasie

Les méthodes d’euthanasie entraînent une perte de conscience rapide (immédiate) suivie de la mort, et ce, selon une procédure qui n’est pas accompagnée de douleur ou de détresse.

S’agissant des animaux utilisés à des fins scientifiques, le choix de la méthode d’euthanasie exige de tenir compte de l'incidence de la méthode sur les résultats du projet.

Les principes suivants aideront à choisir une méthode d’euthanasie :

  • chaque animal sacrifié doit être traité dans le plus grand respect
  • la méthode choisie devrait être celle qui entraîne le moins de douleur et de détresse chez l’animal
  • la méthode d’euthanasie devrait :
    • entraîner une perte de conscience rapide, suivie d’un arrêt cardiaque ou respiratoire, et enfin de la perte des fonctions cérébrales
    • faire appel au minimum de contention possible
    • être appropriée à l’espèce, l’âge et l’état de santé de l’animal
  • le décès de l’animal doit être constaté après l’euthanasie
  • le personnel devrait avoir la formation et les compétences requises
  • les réactions psychologiques des humains devraient être prises en compte, mais ne devraient pas avoir préséance sur les considérations du bien-être des animaux
  • les comités de protection des animaux devraient assumer la responsabilité de l’approbation de la méthode d’euthanasie choisie

Cette section s'inspire de l’International Harmonization of Guidelines on Euthanasia du International Council for Laboratory Animal Science (ICLAS, Nantes, France, 2004), approuvée à Buenos Aires, Argentine, en novembre 2004 et accessible en ligne sur le site de Science Online.

Utilisation du dioxyde de carbone

L’utilisation de dioxyde de carbone n’est plus une méthode acceptable d’euthanasie. Le dioxyde de carbone ne devrait pas être utilisé si d’autres méthodes sont possibles compte tenu de l’expérimentation et de l’espèce animale.

Lors de la réunion de concertation sur l'euthanasie des animaux d'expérimentation par le dioxyde de carbone (Hawkins et coll., 2006) tenue à Newcastle, Royaume-Uni, les problèmes suivants liés à l'utilisation du CO2 ont été soulevés :

  1. Il n'existe pas de manière idéale pour sacrifier des animaux par le CO2. Que la concentration soit déjà introduite ou augmentée graduellement, l'usage du CO2 peut entraîner des problèmes de bien-être.
  2. Si les animaux sont placés dans une chambre contenant une concentration élevée de CO2 (supérieure à 50 %), ils éprouveront une douleur aux muqueuses des voies aériennes supérieures pendant au moins 10 à 15 secondes avant de perdre conscience. Ceci représente un problème grave de bien-être.
  3. Si les animaux sont placés dans une chambre dans laquelle la concentration de CO2 est augmentée graduellement, ils éprouveront une aversion à une certaine concentration et possiblement une « soif d'air » (respiration de Kussmaul) ou une dyspnée désagréable (il a été rapporté que ce phénomène provoque une grande détresse chez les humains). Ceci peut également représenter un problème de bien-être.

De plus, la réunion de concertation de Newcastle a établi de bonnes pratiques pour l'utilisation du CO2 comme méthode d'euthanasie.

  • Il est plus important d'éviter ou de minimiser la douleur et la détresse que de s'assurer d'une perte de conscience rapide. Par conséquent, une mort « douce » mais lente est préférable à une mort plus rapide précédée de manifestations de détresse.
  • La vitesse optimale de remplissage de la chambre n'est pas connue. Il a été établi que l'utilisation de CO2 pur à un débit d'émission de 20 % du volume de la chambre par minute avait pour effet une perte de conscience sans manifestation de douleur, mais non sans signe de dyspnée. Un débit moins élevé peut être augmenté lorsque les animaux ont perdu conscience.
  • Il est possible que l'ajout d’O2 au CO2 réduise les problèmes de bien-être attribuable à la douleur ou à la dyspnée sans toutefois les résoudre. Il est également possible que de fortes concentrations d’O2 prolongent la période de conscience, ce qui n'est peut-être pas souhaitable. En ce moment, la documentation scientifique est insuffisante pour en venir à une conclusion claire sur la teneur en O2 appropriée.

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